Les récits de Régordane

Chemin sacré

Chemin de pèlerins se rendant vers le tombeau de Saint Gilles ou vers la vierge noire du Puy connecté aux chemins de Saint Jacques de Compostelle par la via Podensis (GR65) au Puy-en-Velay et la via Tolosana (GR653), à Saint-Gilles.

La voie est ponctuée de sites sacrées et jalonnée d'une chaîne d'hôpitaux et maladreries dont Pradelles conserve l'un des quatre derniers vestiges encore debout en Europe.

Nombreux sont aussi ceux qui empruntent la voie pour préparer la première croisade : le pape Urbain V, Adhémar de Monteils, évêque du Puy-en-Velay et légat du pape ou encore Raymond de Saint Gilles.


Saint Gilles

Le Chemin de Saint-Gilles est donné vers le milieu du XIe siècle comme un des plus grand pèlerinage de l’occident chrétien, troisième ou quatrième après Jérusalem, Rome et Saint-Jacques (Marcel Girault).…

Après les prophètes et les Apôtres, nul n’est plus Saint, plus revêtu de gloire… (Aimery Picaud – Guide du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle.) Sa réputation via les activités portuaires et commerciales se répand dans l’Europe entière.

La ville jusqu’alors lieu de passage pour l’embarquement vers Rome et la Terre Sainte, devient avec le développement du culte de Gilles but de pèlerinage.

Le monastère accumule les richesses liées aux dons et s’agrandit pour recevoir l’afflux des pèlerins. En 1066 un rattachement à Cluny accroit sa prospérité, une visite au tombeau du Saint est insérée dans le programme des pèlerins de Saint-Jacques transitant entre Italie et Espagne.

Pèlerinages

Le chemin proposé au voyageur, marchand ou pèlerin reliait toujours les grands sanctuaires entre eux. les pèlerinages ont débuté vers le IVe siècle en direction de Rome, Jérusalem, au Moyen Âge ils prennent une ampleur immense avec le développement du culte des saints.

L'ordre des bénédictins

Vers l’an mil, l’ordre très puissant des bénédictins s’établit sur l’itinéraire.

Les bénédictins mêlent étroitement vie spirituelle et travail. À partir de grandes abbayes gérées comme de véritables entreprises, ils vont introduire de nouvelles techniques, développer les parcours transhumance, les échanges commerciaux avec les foires et marchés. Ils s’inscrivent dans un esprit de continuité, s’installent sur d’anciennes voies, bâtissent abbayes, églises, prieurés sur des sites sacrés. Leur puissance sur la Régordane se fonde à partir du rayonnement croisé de grandes abbayes : La Chaise-Dieu et Saint-Chaffre en Auvergne, Nîmes et Saint-Gilles en Languedoc, chacune possédant des établissements annexes implantés à des points clés le long de l’itinéraire.

La vierge noire

Le Puy-Anis montagne sacrée, la «pierre aux fièvres» et sanctuaire marial avec le culte de la Vierge noire aux origines mystérieuses. La cathédrale... Les pèlerinages s’y succédaient, attirant au coeur de la France, dans ce cadre extraordinaire de roches volcaniques, des files interminables où se mêlaient les gens de tous les états, serfs, moines, seigneurs ou prélats, pieds nus et cierges à la main. Régine Pernoud